
Reportage France - Paroles de soignants
RFI
Du lundi au vendredi, un reportage pour mieux connaître la société française et comprendre ses débats.
Location:
Paris, France
Genres:
World News
Networks:
RFI
Description:
Du lundi au vendredi, un reportage pour mieux connaître la société française et comprendre ses débats.
Language:
French
Website:
http://www.rfi.fr/
Episodes
De nombreuses bouteilles de protoxyde d'azote explosent dans les usines d'incinération
5/26/2026
En France, alors que le projet de loi Ripost veut interdire la consommation détournée de protoxyde d'azote, qui constitue un problème de santé publique majeur, l'abandon de ces bouteilles dans l'espace public est tout aussi préoccupant. Jetées dans les rues, que deviennent-elles ? Est-il possible de les recycler ?
L’usage du protoxyde d'azote, initialement cantonné à l’électroménager, notamment dans les appareils à chantilly, est détourné : il est inhalé et les cartouches vides sont ensuite abandonnées. À l'usine d'incinération Isséane, à Issy-les-Moulineaux, qui collecte et traite 530 000 tonnes d’ordures ménagères par an, ces bouteilles de gaz sont un véritable casse-tête. Jetées dans les caniveaux, aux coins des rues, elles sont mélangées aux ordures ménagères non recyclables et atterrissent dans les poubelles de la ville. Elles sont ensuite embarquées dans des camions-bennes, direction l'une des usines d'incinération aux portes de Paris.
« Les camions arrivent après leur tournée et c'est là qu'ils déchargent le résultat de la collecte du jour, explique Sofien Elandaloussi, adjoint mobilisation Public et territoires à l'Agence métropolitaine des déchets ménagers. C'est aussi là où on peut récupérer éventuellement des bouteilles de protoxyde d'azote. » Il est assez exceptionnel de pouvoir les récupérer, précise-t-il. « Les opérateurs en charge du ramassage des déchets, s'ils en voient dans les caniveaux, certains les mettent parfois avec eux dans la cabine, ce qui est extrêmement dangereux pour eux. »
Le risque est permanent pour les agents qui collectent ces ordures ménagères, car certaines de ces bouteilles sont encore gorgées de gaz et passent incognito. Et c'est bien là tout le problème. « Le risque, c'est qu'une fois que la bouteille de protoxyde d'azote est mise dans la fosse, elle va forcément finir dans le four-chaudière, poursuit Sofien Elandaloussi. Et là, elle peut exploser. Et quand elle explose, elle va endommager ou elle risque d'endommager le four-chaudière. »
À écouter dans L'Invité politiqueProtoxyde d’azote: «Sans prévention, la répression ne sert à rien», prévient l'addictologue Laurent Karila
Une explosion toutes les deux heures
Derrière une vitre blindée, un technicien télécommande avec beaucoup de précision une pince géante. L'outil déplace et brasse en permanence des montagnes de déchets. « C'est une salle des commandes. C'est le cœur névralgique du fonctionnement de l'usine. Et donc en fait, là, on voit les déchets qui tombent et ensuite ils alimentent les fours-chaudières, montre Sofien Elandaloussi. On est obligés d'avoir deux lignes de fours dans le cas où une ligne est à l'arrêt à cause d'une bouteille de protoxyde d'azote qui a explosé et qui a endommagé le four. Il faut toujours que l'usine fonctionne parce que l'usine fonctionne 24 h sur 24, sept jours sur sept. Déjà, elle sert à alimenter en électricité et en chaleur le réseau parisien de chauffage urbain. Sauf quand il y a une bouteille qui casse le four. »
Et au sein de ces incinérateurs, il y a une explosion toutes les 2 h. « Là, nous sommes au pied du four, je vais ouvrir la petite manivelle, là, et vous allez voir la combustion, vous allez vous pencher un petit peu, vous verrez la flamme et la combustion du four à l'intérieur. On a déjà une lucarne pour voir la flamme. Ah, vous avez entendu l'explosion ?, demande Sofien Elandaloussi. Là, il y a eu un boum. C'est une bouteille de protoxyde qui a explosé à l'intérieur du four. On va peut-être y aller aussi. »
Après cette mini-explosion sans danger, il est temps de s'éloigner. Sur l'année 2025, le coût global est estimé à près de 15 millions d'euros en cas d'arrêt des machines. Un montant supporté par les contribuables.
À écouter dans Le reportage FranceFrance: à Lyon, un hôpital propose des téléconsultations pour aider les consommateurs de protoxyde d'azote
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France: un spectacle éducatif pour apprendre aux enfants à se protéger face aux violences sexuelles
5/25/2026
Alors qu'un animateur périscolaire est jugé ce 26 mai à Paris pour agressions sexuelles, les cas de violences dans les écoles de la capitale inquiètent. Depuis le début de l'année, 78 animateurs ont été suspendus par la ville de Paris, dont 31 pour suspicion de violences sexuelles. Pour sensibiliser les plus jeunes au respect de l'intimité et à l'importance de dire « Non », le spectacle Pas touche minouche ! est joué depuis 2023 dans plusieurs écoles parisiennes. Une initiative déployée notamment dans les XIet XIIe arrondissements, particulièrement concernés par ces affaires. Notre journaliste, Mathilde Deparois, a assisté à une représentation dans une école maternelle parisienne.
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France: les prêtres en banlieue, une présence essentielle mais fragile
5/24/2026
En France, le rapport entre les prêtres et la banlieue interroge. Une nouvelle étude sur la vie de l'Église dans les quartiers populaires a été dévoilée au début du mois de mai. La Fraternité missionnaire des cités a mené une enquête auprès d'une trentaine de prêtres. Elle témoigne d'un renouveau spirituel dans ces quartiers, tout en alertant sur un certain épuisement des prêtres. Pour comprendre leur réalité, Laurence Théault est allée un dimanche à la rencontre du père Jacques Noah Bikoé, prêtre de la paroisse Saint-Georges à Trappes.
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France: la basketteuse Julie Tetart livre son expérience en tant que sportive transgenre
5/21/2026
En France, ce vendredi 22 mai 2026, se tient la finale retour des playoffs de Ligue 2 en basket féminin. Même si son équipe ne s'est pas qualifiée pour cette dernière étape, la basketteuse Julie Tetart a fortement impressionné lors des derniers matches du Monaco Basket Association. Cette joueuse transgenre évolue sur le terrain monégasque depuis deux ans. Mais malgré ses performances physiques remarquées, cette réussite suscite une vague d'hostilité en ligne, marquée par des attaques transphobes. Julie Tetart revient sur son parcours sportif et les défis liés à sa transition de genre.
De notre correspondante,
« J'ai 33 ans, je suis basketteuse professionnelle au MBA, et je suis une joueuse transgenre », annonce Julie Tetart. Le MBA, c'est le Monaco Basket Association, un club qui évolue en Ligue 2 féminine.
« Là, on se rend dans la cave de mon immeuble. C'est là où je viens m'entrainer régulièrement, poursuit-elle en présentant sa cave bien équipée. Un rack à squat, des haltères, une poulie... Il y a ce qu'il faut pour travailler le corps. Je viens tous les jours, six jours sur sept. » Sans compter les entraînements quotidiens avec son équipe monégasque, rejointe il y a deux ans. « Quand je suis arrivée l'année dernière à Monaco, je suis arrivée clairement de nulle part. Pour moi, le basket, c'était fini », explique-t-elle.
Car en 2020, Julie Tetart abandonne tout espoir d'être joueuse professionnelle lorsqu'elle fait son coming out et entame sa transition. Mais cette mordue de basket finit par y revenir, poussée par l'élan sportif national des Jeux olympiques de 2024. Elle est recrutée par Monaco dans la foulée. Et doit s'adapter aux spécificités de sa transition. « Les entraînements sont les mêmes, qu'on soit trans ou pas. Par rapport à avant transition, mes capacités physiques ne sont plus du tout les mêmes. Ma capacité respiratoire est la plus impactée. Ça s'entend à ma voix d'ailleurs », relève-t-elle.
« Il y a un peu plus d'inclusion »
Et puis, il faut aussi s'adapter, car son travail de joueuse professionnelle lui confère un statut de personnalité publique dont la transidentité déclenche un certain nombre de critiques. « Ça fait deux ans qu'il y a une préparation physique mais aussi une préparation mentale. On fait un travail énorme dessus, pour justement se servir de ça comme d'une force pour performer. C'est aussi pour ça que j'ai beaucoup performé cette saison. »
Meilleure marqueuse de la saison en Ligue 2, Julie Tetart déplore encore une certaine transphobie persistante dans le sport. « On avance. D'un côté, il y a un peu plus d'inclusion. On le voit dans le basket, le rugby, la boxe. Mais c'est encore petit. On est tout au début. »
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En dehors des terrains, la joueuse s'exprime souvent sur le sujet sur son compte Instagram. « J'ai beaucoup de messages de femmes trans qui me disent merci de faire ce que je fais. Parce que grâce à ça, elles se sentent légitimes de pouvoir vivre. J'ai plusieurs personnes qui m'ont dit : "Je suis allée dans une salle de sport." C'est pas grand-chose, mais jusqu'ici, elles s'interdisaient de le faire par peur de se montrer, etc. Il faut le temps que la société comprenne et accepte qu'on est là. Ce que je souhaite, c'est vivre comme toute personne. Aujourd'hui, j'ai cette étiquette de joueuse transgenre. J'aimerais que dans cinq ans ça soit simplement "Julie, joueuse de basket". »
Julie, la joueuse de basket, que vous pourrez continuer de voir évoluer à Monaco pour la saison 2026-2027.
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À l'aéroport de Roissy, la lutte contre le trafic d'espèces sauvages, en forte hausse dans le monde
5/20/2026
En France, la récente condamnation de 17 personnes impliquées dans un réseau international de contrebande de civelles met en lumière le commerce des animaux sauvages. Un trafic particulièrement lucratif estimé à 20 milliards de dollars par an, selon l'ONU. Aux douanes de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, à Paris, les autorités saisissent une grande variété de produits interdits issus d'animaux protégés.
Dans un hangar de fret de l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle, près des pistes d'atterrissage, ce sont plus de 2 millions de tonnes de marchandises qui transitent chaque année. Chaque jour, les douaniers français opèrent une fouille aléatoire des colis à la recherche de stupéfiants, de cigarettes et d'espèces animales ou végétales interdites ou dont le commerce est limité par la convention CITES sur le commerce d'espèces protégées.
Valérie Besson, cheffe du bureau des douanes, supervise les contrôles. « Il y a beaucoup de médicaments qui contiennent des espèces soit de flore, soit de faune protégées par la CITES. Vous avez par exemple dans des médicaments la bile des ours qui est prélevée sur les ours vivants. Vous les voyez dans des cages avec le tuyau qui extrait la bile tout au long de la journée. Vous avez de l'hippocampe séché, [des espèces] de flore aussi, énumère-t-elle, qui sont protégées et qui rentrent dans la fabrication de médicaments asiatiques pour leurs vertus soi-disant thérapeutiques, de force, de virilité. Il y a la poudre de corne de rhinocéros, le kilo de corne de rhinocéros est vendu à plus de 40 000 €. »
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La faune et la flore en contrebande
Face à une longue table, elle décrit les saisies de produits dérivés d’animaux et de plantes de ces dernières semaines, il y a eu beaucoup d'orchidées et d'agaves. « Très souvent, il y a des collectionneurs en France, notamment des cactus et des orchidées qui sont importés. Vous avez deux peaux de caïmans. Elles viennent des États-Unis. Donc, là, vous avez la chance d'avoir la peau complète avec le crâne et les dents, mais vous avez souvent des petits bouts d'os ou de cornes d'animal, ou des bouts de pattes, ou de queue, ou de poils, décrit la cheffe du bureau des douanes. Je vous parle des queues d'éléphant, par exemple, les petits poils des queues des éléphants. Et puis vous avez la chance d'avoir deux très belles cornes de rhinocéros. La petite et la grande qui ont été saisies suite à une découverte à l'export sur l'Asie. Elles portent des traces qui prouvent qu'elles étaient accrochées sur des trophées, donc elles ont certainement été volées. Il va y avoir une enquête pour essayer de trouver l'origine de ces cornes de rhinocéros. »
Ce petit échantillon du vaste trafic d’espèces sauvages va même jusqu'à l'envoi d'animaux vivants. « Il arrive que des gens mettent des animaux vivants dans des envois de la Poste, poursuit-elle. C'est très rare, mais ça peut arriver quand même. Par la Poste, on a déjà trouvé notamment des serpents, un python royal… »
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Le quatrième trafic le plus lucratif au monde
Une fois saisis, ces animaux sont envoyés dans des refuges ou des aquariums agréés afin de recevoir les soins nécessaires. Ce trafic de faune, on le retrouve également dans les bagages des passagers lors des contrôles aléatoires, explique Laurent Authier, responsable adjoint du fret à Roissy. « Au niveau mondial, le trafic des espèces protégées est le quatrième trafic le plus lucratif, le plus rentable après celui relatif aux stupéfiants, à la traite des êtres humains et celui relatif au commerce des armes », dénonce-t-il.
Des sacs remplis de civelles ont ainsi été saisis à Roissy. Un trafic d'alevins d'anguilles à destination de l'Asie qui a débouché sur la condamnation de 17 personnes à des peines de prison allant jusqu’à 5 ans. « Le but premier, c'est quand même d'essayer qu'il y...
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En France, un «catakit» pour faire face aux catastrophes
5/19/2026
Inondations, feu de forêt ou encore tempêtes, la France est de plus en plus exposée aux catastrophes naturelles et industrielles. Chaque année, selon la Croix-Rouge, les Françaises et Français font face à quatre événements naturels jugés « très graves ». Alors, pour préparer au mieux les habitants aux gestes qui sauvent, l'association forme plus de 100 000 personnes par an. Et lance aussi, après 20 ans de conception, son catakit, un sac de secours avec tout le matériel nécessaire à l'intérieur en cas de situations urgentes. Il coûte 80 euros pour une personne seule, 150 euros pour une famille de quatre personnes. L'argent récolté sert à financer les cours de premiers secours et, pour les bénévoles rencontrés, c'est surtout le prix de la simplicité et de la sérénité. Reportage de Mathilde Deparois.
Des compresses, des pansements ou encore un garrot, tout le matériel est rangé dans le fameux catakit. Un sac à dos rouge, avec au centre le logo de l'association. Jérémie Chaligné est responsable du pôle éducation à la Croix-Rouge française. Pour lui, en cas d'urgence, le catakit sert avant tout à se soigner. « Ça peut être des petits bobos. Ça peut être des blessures aussi, plus importantes à la jambe, qui vont nous empêcher par exemple de nous déplacer. De pouvoir aussi s'informer. Il se peut qu'on ait des coupures d'Internet. On a pu voir ça en Espagne aussi très récemment pendant de longues heures. »
Une coupure d'internet peut survenir lors d'une inondation. En France, la dernière date de février 2026. Près d'un quart des habitants vivent d'ailleurs en zone inondable. Alors pour s'informer, le mieux c'est d'avoir une lampe-radio, présente dans le catakit. « On a la manivelle qui est vraiment une dynamo. On va pouvoir utiliser le signal d'alarme. Il y a vraiment toutes les fréquences », démontre ce bénévole de la Croix-Rouge.
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Seul 1 Français sur 10 est prêt en cas de catastrophes climatiques ou industrielles
Aujourd'hui, toute la France métropolitaine et les Outre-mer sont touchés par des phénomènes extrêmes qui se multiplient et s'intensifient à cause de l'urgence climatique. « Que ce soit dans les Hauts-de-France, que ce soit beaucoup plus dans le Sud. On peut penser au département de l'Aude, il y a quelques années, qui a été aussi ravagé par des inondations. On peut penser aux feux de forêt qui ont eu lieu en Gironde, mais qui sont remontés quasiment jusqu'en Bretagne, voire même en Normandie aussi », complète le bénévole.
Angèle, 63 ans, est bénévole à la Croix-Rouge. Elle habite près d'une base militaire, à côté d'Évreux en Normandie. « Tout ce qui est bombardement, s'il y avait un conflit… Dans la région, on a beaucoup d'inondations. On a pas mal aussi d'effets de tornades qui se produisent de plus en plus régulièrement. » Même si la retraitée est formée aux risques, elle n'a pas encore tout à fait créé son sac d'urgence chez elle. « C'est vrai que les médicaments, je les ai laissés dans la pharmacie. Et les papiers, ils sont avec nous au quotidien, donc c'est vrai qu'on sait qu'on doit y penser, mais on ne les a pas dupliqués par exemple », relève-t-elle.
Elle compte alors bientôt s'acheter un catakit, comme ça tout est au même endroit. Si demain une catastrophe arrive, elle n'est pas du tout angoissée, elle fait même de la prévention auprès de ses amies. « Ça leur fait quand même un peu peur de se dire : "Pourquoi il nous faut absolument un sac de secours ?". Donc c'est à amener vraiment en douceur, et bien expliquer. Je pense qu'il faut vraiment qu'il y ait de la pédagogie qui soit faite autour de ça pour rassurer les gens, leur montrer que c'est dans leur intérêt et pas autre chose. »
Aujourd'hui, peu de citoyens sont aussi informés et préparés qu'Angèle. Selon la Croix-Rouge, seul 1 Français sur 10 est prêt en cas de catastrophes climatiques ou industrielles.
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Individualisation du taux de prélèvement d'impôts: une mesure jugée féministe
5/18/2026
En France, plus que quelques jours pour rendre sa déclaration de revenus. Et pour la deuxième année, les foyers mariés ou pacsés verront leur taux d'imposition être individualisé par défaut. En clair, le montant des impôts des couples ne change pas, mais sauf indication contraire, leur paiement est réparti en fonction des revenus de chacun. Une mesure qui vise à rétablir l'égalité fiscale entre les hommes et les femmes, qui ont encore souvent de forts écarts de salaires.
« Je pense que j'ai gagné 2 000 euros. »
Audrey est assistante de galerie d'art, son conjoint est chasseur de têtes. En septembre dernier, comme nombre de Françaises, elle a eu une agréable surprise sur sa fiche de paie. Son taux de prélèvement à la source a été automatiquement diminué, car il n'est plus calqué sur celui de l'homme avec qui elle est pacsée depuis trois ans. « Lui gagne trois fois ce que je gagne. Je me retrouvais effectivement à payer une part beaucoup plus importante d'impôts par rapport à mes revenus. »
Depuis un an, le taux de prélèvement à la source par défaut n'est plus le même pour les deux membres d'un couple. Une mesure jugée féministe car elle répartit le poids de l'impôt selon le revenu. Plus juste pour les petits salaires. Et donc, dans 8 couples sur 10, plus juste pour les femmes.
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Avec le taux individualisé, une économie mensuelle pour les revenus faibles
Démonstration avec Héloïse Bolle, conseillère en patrimoine pour Oseille et compagnie et autrice du livre Aux thunes citoyennes.
« On va faire un couple qui gagne 60 000 €. On va dire qu'il y en a un qui gagne 20 000 et l'autre qui gagne 40 000. Si ce couple passe au taux individualisé, celui qui gagne 20 000 €, qui payait 94 € d'impôts tous les mois, passe à 10 € d'impôts par mois. C'est une économie mensuelle de 84 €. C'est pas mal quand même. Et celui qui gagne 40 000 € par an, chaque mois, il payait 187 € en taux commun. Et avec le taux individualisé, il paye 273 €. Ça fait une augmentation, c'est vrai, mais c'est une répartition qui est beaucoup plus juste dans le paiement de l'impôt, puisque l'idée, c'est quand même que ceux qui gagnent davantage sont davantage imposés, démontre Héloïse Bolle. Et en plus cette personne qui gagne 40 000 € par an parce qu'elle vit en couple avec quelqu'un qui gagne moins qu'elle par la magie du quotient conjugal, elle fait quand même une économie d'impôt réel. »
Le quotient conjugal, c'est le fait de calculer l'impôt d'un couple marié ou pacsé selon l'ensemble de ses revenus.
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Le quotient conjugal et le quotient familial ne vont pas dans l'intérêt de la femme
Marie-Pierre Rixain, députée Renaissance, est à l'origine de la loi qui a instauré l'individualisation par défaut du taux de prélèvement. Et ce qu'elle souhaite maintenant, c'est voir disparaître ce fameux quotient conjugal. Une mesure qu'elle juge bonne pour l'égalité de genre et pour l'économie du pays.
« Plus vous allez permettre aux femmes d'avoir des bénéfices fiscaux, plus vous allez les inciter à travailler à temps plein. Aujourd'hui, le quotient conjugal et le quotient familial font qu'il peut y avoir un intérêt à l'échelle du couple. Pas l'intérêt de la femme, mais à l'échelle du couple, à ce que madame travaille un petit peu moins, de manière à rester sur un barème fiscal qui est favorable au couple. Et pour autant, est-ce que c'est favorable à la vie professionnelle, à la vie économique, à l'autonomie économique des femmes ? Non, parce qu'on sait, par exemple, que ce temps partiel a un impact sur le niveau de retraite des femmes lorsqu'elles sont plus âgées. Donc, on sait qu'aujourd'hui, la meilleure protection pour les femmes, c'est leur autonomie professionnelle et c'est le fait qu'elles fassent des calculs à l'aune de leurs propres intérêts à elles », explique Marie-Pierre...
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Juliette, l'ex-mannequin française qui a échappé à Jeffrey Epstein, témoigne
5/17/2026
Quatre mois après la publication des dossiers Epstein par la justice étatsunienne, de nouveaux témoignages de victimes du criminel sexuel, mort en prison en 2019, sont recueillis chaque semaine. En France, une dizaine de nouvelles victimes présumées se sont manifestées auprès du parquet de Paris, a déclaré le 17 mai la procureure Laure Beccuau sur RTL. Certaines ont pu échapper de justesse au prédateur sexuel, comme Juliette, 43 ans aujourd'hui, une ancienne mannequin française qui a rencontré Jeffrey Epstein il y a plus de 20 ans.
Depuis février, deux enquêtes ont été ouvertes dans l'Hexagone sur le dossier Epstein, l'une sur les violences sexuelles, l'autre sur le volet financier. Le criminel sexuel, qui a vécu à Paris de nombreuses années, avait des recruteurs qui repéraient pour son compte des proies potentielles. C'étaient souvent des mannequins, à qui on faisait miroiter de futurs contrats.
Pour Juliette, l'histoire commence en 2004. Elle a 21 ans, travaille comme mannequin et, entre deux castings parisiens, elle est abordée par un homme dans la rue. Il lui propose des opportunités de travail à New York, une pratique courante dans le métier. L'agence pour laquelle Juliette travaille à l'époque la rassure : pas de danger, ils connaissent cet homme, elle peut y aller. Juliette s'estime en fin de carrière, alors elle accepte. Elle l'apprendra plus tard, l'homme qui l'aborde, Daniel Siad, est recruteur de mannequins, aujourd'hui suspecté par le FBI d'avoir été « rabatteur » de jeunes femmes pour le compte de Jeffrey Epstein.
« De là, je reçois un billet. On me donne comme indication qu'il faut que je demande un visa touriste, explique Juliette. On me donne l'adresse d'un appartement dans New York. Je ne savais pas si c'était lié à une agence ou pas. On ne m'avait pas du tout donné d'informations ni de process, savoir quelle agence j'allais voir, quel était le planning… Je n'ai pas trop cherché à comprendre parce que je pars du principe que je suis dans un process professionnel. Donc, si on ne me donne pas l'information, c'est certainement qu'il n'y en a pas besoin et je n'ai pas besoin de poser de questions. »
Juliette rencontre brièvement Jeffrey Epstein, elle lui remet son passeport, il lui donne rendez-vous le lendemain. Entre-temps, au téléphone, sa mère, déjà très méfiante, s'inquiète d'un réseau de trafic sexuel, elle lui dit d'aller récupérer son passeport et de partir. « Je me dis que je n'ai pas le choix et de toute façon, moi, il ne s'est rien passé, je n'ai pas eu d'alarme, de situations qui m'ont fait dire : là il y a danger, se rappelle-t-elle. Moi, j'avais un objectif de toute façon, c'était de faire le tour des agences et puis d'avoir un contrat. »
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« Je sentais bien qu'il y avait une espèce de piège »
Le lendemain, Jeffrey Epstein la reçoit, tente de la mettre à l'aise, lui fait visiter les lieux. Juliette observe que cela ne ressemble pas à un immeuble d'agence de mannequins, des photos en gros plan de parties intimes de femmes recouvrent certains murs. « Je regarde ça avec beaucoup de curiosité en me disant : mais qu'est-ce que c'est que cette fascination pour les parties intimes de femmes ? Moi, j'ai trouvé ça un peu déplacé, un peu malsain et ça a commencé à me mettre une petite puce à l'oreille quand même », confie-t-elle.
Juliette suit Epstein dans un couloir, avec des chambres de chaque côté. Il entre dans l'une d'elles, s'assoit sur le lit et lui fait signe de venir. « Et c'est à ce moment-là que j'ai le réflexe un peu intuitif de m'arrêter sur le pas de la porte et de le regarder droit dans les yeux, décrit-elle, et avec mon meilleur anglais, je lui dis : "Je vous préviens, je ne ferai rien". Je sentais bien qu'il y avait une espèce de piège. C'était une chambre, ce n'était pas un contexte professionnel. Tout de suite, il se veut rassurant. Il me dit : "Non, t'inquiète pas, il ne se...
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«Les jeunes sont en première ligne face à la précarité hygiénique»: quand se laver devient un luxe
5/14/2026
On en parle peu. Pourtant, la précarité hygiénique touche, en France, près de 4 millions de personnes. Faute de moyens, des millions de Français renoncent à l'achat de certains produits d'hygiène de base tels que le gel douche, la pâte dentifrice ou le shampoing. C'est ce qui ressort du baromètre 2026 de l'association Dons Solidaires. Selon son sondage effectué par l'Ifop, 60% des familles monoparentales déclarent se priver de produits d'hygiène pour des raisons budgétaires contre 43% des Français dans l'ensemble. Entre l'alimentation et les produits d'hygiène, l'arbitrage est vite fait, au détriment de la propreté. Reportage dans une épicerie solidaire en région parisienne, où des personnes concernées par cette précarité peuvent se procurer à prix réduits ces produits devenus inaccessibles pour beaucoup.
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Fluorescence EXplorer, un satellite qui évalue la santé des plantes «pour mieux protéger la végétation»
5/13/2026
Observer la Terre depuis l'espace pour mieux la comprendre : c'est l'objectif de la trentaine de satellites scientifiques européens qui sont actuellement en orbite autour du globe. Ils seront bientôt rejoints par le petit dernier : FLEX, pour Fluorescence EXplorer. Un satellite de l'Agence spatiale européenne à la pointe de l'innovation pour faire le bilan de santé de la végétation planétaire depuis l'espace, pour nous aider à mieux comprendre notre impact sur la nature et la protéger. Jeanne Richard s'est rendue dans les locaux de Thales Alenia Space, à Cannes, dans le sud de la France, pour voir ce satellite, encore en cours de montage et de tests, avant sa mise en orbite.
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«Faire front face à l'extrême droite»: en France, de plus en plus d'artistes victimes de menaces et de cyberharcèlement
5/12/2026
En France, ce 13 mai, se tiendra à Paris dans plusieurs rues la première représentation d'un spectacle qui a failli ne pas avoir lieu. Ce spectacle « Dans les clous », initialement ouvert à tous, se fera sous haute sécurité. En cause : des menaces de l'extrême droite. Le chorégraphe Jean Hostache et son collectif La Grosse Plateforme ont été victimes d'une vague de cyberharcèlement, il y a quelques semaines. Ce n'est pas le premier à être la cible d'un tel acharnement. Tout est parti d'une fausse information relayée massivement, selon laquelle le spectacle aurait reçu des subventions de la mairie.
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Au Père-Lachaise, la biodiversité reprend ses droits à la faveur d'une politique écologique volontariste
5/11/2026
La France vient d'accueillir le Printemps des cimetières, un évènement national qui a permis du 8 au 11 mai de découvrir – ou redécouvrir – les richesses du patrimoine méconnues des cimetières. Le nombre d’organisateurs et de visiteurs est en constante hausse depuis la création de l'opération en 2016, ce qui prouve l’intérêt du public. Sachant que le Printemps des cimetières permet d’aborder des sujets très variés, comme l’écologie ! À cette occasion, nous prenons la direction du cimetière du Père-Lachaise à Paris, où son conservateur, sensible à la biodiversité, a accepté d'emmener en balade nocturne RFI.
Il est 20 heures passées au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Benoît Gallot, son conservateur, ouvre la porte de l’entrée de la rue du Repos. “C’est là où commencent toutes nos observations nocturnes, explique le responsable des lieux, qui assure qu’il connaît le cimetière comme sa poche ou presque. Je ne peux plus me perdre, mais je découvre toujours des choses ici, comme des gravures sur une tombe, une épitaphe. »
Depuis plus de huit ans, Benoît Gallot observe au milieu des tombes la présence d’une faune qu’il ne soupçonnait pas avant d’habiter le cimetière. « On a eu la chance de voir le renard revenir au Père-Lachaise, le faucon hobereau également. » La faune comme la flore sont ainsi au centre de l’attention du conservateur du cimetière : « J’ai beaucoup appris sur les oiseaux ici, mais aussi sur les fleurs. Nous avons par exemple quatre espèces d’orchidées sauvages, revenues grâce à l’enherbement des trottoirs. Le cimetière verdit peu à peu. Le sol est de moins en moins imperméable. »
À ses côtés se trouve Nicolas Robin, cartographe-référent biodiversité du service des cimetières de la Ville de Paris. Il se rend régulièrement au Père-Lachaise en compagnie de Benoît Gallot, pour observer la faune présente dans le cimetière lorsque la nuit tombe. « À part la petite lumière à l’entrée du cimetière, nous sommes sur 44 hectares de pleine nuit en plein Paris. C’est notre plus grand espace vert intramuros, clôturé et calme. Tout ça est parfait pour observer la faune sauvage en plein milieu de la ville », explique-t-il.
Absence de pollution lumineuse
Toutes ces conditions permettent aussi de voir une faune s’installer sur la durée, notamment en l’absence de pollution lumineuse. Une situation propice à l'observation, souligne aussi Hugo de Vergès de la Ligue de protection des oiseaux. Coordinateur du suivi des rapaces à Paris, il s'intéresse notamment à la chouette hulotte, un oiseau strictement nocturne. « La pollution lumineuse influence directement son cycle biologique, sa chasse et l’élevage des jeunes, raconte-t-il. L’avantage dans le cimetière, c’est qu’il n’y a pas de pollution lumineuse. Elle est donc tranquille. »
Au milieu des allées, le petit groupe s’avance vers le hululement de la chouette qui prend place dans l’obscurité des arbres. Il est 21 heures passées, et l’animal est toujours ponctuel : « On l’entend tous les soirs à cette heure jusque fin mars », raconte Hugo De Vergès. Pour permettre la circulation de ces espèces sensibles à la pollution lumineuse, des réflexions sont menées, analyse Nicolas Robin : « L’objectif est d’imaginer les déplacements qui leur permettent de passer d’un réservoir comme le Père Lachaise à un autre réservoir comme le bois de Vincennes ou le bois de Boulogne. En passant par d’autres espaces verts occupés par le passé par la chouette. On parle de “projets de trames vertes et bleues”. C’est ce qu’on appelle les chemins de la nature pour la ville de Paris.
Biodiversité visible en plein jour
Si la chouette hulotte est une espèce nocturne, les visiteurs du cimetière en pleine journée ensoleillée peuvent quand même profiter de la faune et de la flore du Père-Lachaise. « Il faut faire un peu plus attention et ouvrir davantage les yeux, mais plusieurs espèces d’oiseaux sont visibles. Parfois même les renards », souligne Benoît Gallot.
Toute cette biodiversité en partie visible le...
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Taekwondo: Zakia Khudadadi, naturalisée Française, combat au nom des femmes afghanes
5/10/2026
Les championnats d'Europe de taekwondo et de para-taekwondo démarrent lundi 11 mai à Munich. Un moment fort pour une para-athlète, Zakia Khudadadi, née en Afghanistan, pays qu'elle a dû fuir en 2021 à la reprise du pouvoir des talibans. Installée en France, la médaillée de bronze aux Jeux paralympiques de Paris avec l'équipe des réfugiés, dans la catégorie des moins de 47 kg, a obtenu la nationalité française l'été dernier. Une naturalisation qui lui a rouvert le chemin des tatamis en compétition, ce qu'elle attendait avec impatience. RFI l'a suivi à l'entraînement avant son départ pour l'Allemagne.
Séance matinale studieuse à l'INSEP, sur fond musical. Zakia Khudadadi répète ses gammes avant ses grands débuts en bleu La fin d'une longue attente, une frustration évacuée fin octobre 2025 lorsqu'elle obtient le droit de voyager et de concourir de nouveau librement. « Quand j'ai récupéré mon passeport, c'était une surprise parce que je ne m'attendais pas à le recevoir en 2025. Il y a beaucoup d'amour. Tout ce que j'attendais depuis quatre ans et demi en France. J'ai enfin récupéré mon passeport, je n'ai plus de stress pour le côté visa, et en plus je suis en équipe de France », se réjouit-elle.
Une intégration à part entière, une appartenance à un pays, mais aussi l'expression d'une reconnaissance. « C'est la France qui m'a aidé quand j'étais à Kaboul, quand j'étais vraiment menacée. Depuis mon arrivée en France, j'ai progressé vraiment 100 % dans mon sport et j'ai gagné plusieurs médailles. Bien évidemment, les médailles aux Jeux paralympiques de Paris me donnent une motivation pour l'Afghanistan et pour la France. Cela veut dire que j'ai deux pays dans mon cœur et que je me donne à fond pour les deux », explique-t-elle.
Paris 2024, le 29 août. Premier moment de bonheur dans sa carrière, sous la bannière de l'équipe de réfugiés. Sitôt sa victoire acquise sur la Turque Nurcihan Ekinci, Zakia Khudadadi se retrouve plongée dans les bras de son entraîneuse Haby Niaré. La vice-championne olympique 2016 et championne du monde 2013 poursuit plus que jamais l'aventure avec sa protégée, qu'elle a vue s'affirmer : « Au départ, c'était une gentille petite fille qui ne parlait pas trop. Il y avait la barrière de la langue, ce n'était pas évident pour elle. Elle a appris le français en peu de temps. Elle nous partage des petites expressions qui nous font rire de temps en temps. Elle sait blaguer, mais lorsqu'il s'agit du travail et qu'on est à l'entraînement, elle met un pied sur le tapis et c'est la transformation. Elle est née avec cette facilité. Elle a un don qui fait qu'elle apprend vite les choses. En une séance, elle peut être capable de retenir une stratégie complète. Techniquement, c'est une athlète qui sait tout faire, sans exagérer. Elle a cette intelligence dans le combat, cette lucidité. C'est quelqu'un qui a vraiment énormément de qualités en tant qu'athlète. »
Un potentiel pour le très haut niveau qu'il a fallu libérer durant ces longs mois sans compétition internationale, notamment dans l'état d'esprit de la combattante. « En Afghanistan, elle a été peu confrontée à la réalité de compétition, au combat, à l'affrontement. On a fait un gros travail depuis trois ans, et elle y répond parfaitement. Elle se découvre à ce niveau. Cela veut dire que ses qualités physiques et techniques peuvent s'exprimer parce qu'il y a ce moteur de combativité, d'agressivité et surtout d'esprit de compétitrice affirmé. Elle se découvre. La marge était là et elle l'a dépassée. Maintenant, il va falloir la développer », détaille Louis Lacoste, le directeur de la performance paralympique à la fédération française de taekwondo.
Zakia Khudadadi s'est préparée à ces championnats d'Europe à raison de 5 heures par jour, 5 jours par semaine. Première étape vers l'objectif suprême, la médaille d'or à Los Angeles en 2028. Mais elle n'oubliera jamais pour qui elle a d'abord changé de vie et fait tant de sacrifices : « En mon fort intérieur, ce sont les...
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À Nantes, un mât pour réconcilier les descendants d’esclaves et les descendants d’esclavagistes [3/3]
5/7/2026
Alors qu'il y a 25 ans, la loi dite Taubira permettait de reconnaître l’esclavage et la traite comme crime contre l’humanité, RFI revient cette semaine sur la mémoire collective de ce sujet en France. Le dernier épisode de cette série coréalisée avec la rédaction d'Outre-mer s'arrête à Nantes, ville emblématique puisqu'elle fut le premier port négrier du pays pendant plus de quatre siècles. Un mât y a été érigé en amont du Mémorial de l’abolition de l’esclavage. Un monument unique initié par deux Nantais au profil atypique.
« C’est un grand jour pour nous, pour la justice réparatrice, et il est grand temps qu’on libère la parole, personne n’est responsable du passé, mais nous sommes responsables du présent et du futur. Et Pierre, comme on dit, il ne nous reste pas beaucoup de temps, mais on l’a fait quand même, mon ami ! »
Dieudonné Boutrin ne peut cacher sa joie. Lui, le Martiniquais descendant d’esclaves, s’adresse à Pierre Guillon de Princé, descendant d’armateur esclavagiste : « Je suis fier, lance-t-il publiquement, d’être un nègre, je suis là pour honorer la mémoire de mes aïeux. Le Mât de la fraternité est dédié à tous ces milliers d’Africains, d’hommes, de femmes, d’enfants déportés pendant plus de quatre siècles d’Afrique vers les Amériques et les Caraïbes. »
À ses côtés se tient au pied du mât Pierre Guillon de Princé : « J’ai toujours su qui j’étais, dit-il, je sais depuis ma jeunesse que je suis descendant d’armateur. Pour moi, c’était une bizarrerie dans mon arbre généalogique. » C’est l’histoire de la rencontre entre deux hommes que tout oppose : l’un est un descendant d’esclave, l’autre est un descendant d’armateur négrier. Ensemble, ils ont imaginé ce mât.
Symbole de la réconciliation
Le processus a été long pendant cinq années. Tout démarre en 2021 avec cette réflexion, explique Dieudonné Boutrin : « Comment peut-on transmettre cette histoire ? Comment peut-on rendre le public acteur de la lutte contre le racisme, qui est l’héritage de l’esclavage ? Et c’est à ce moment-là que nous avons rencontré une famille anglaise, les Trevelyan. »
Car en Angleterre, d’autres familles portent le même héritage colonial. Un passé lourd et difficile à vivre pour John Dower, réalisateur de films pour les jeux vidéo. Issu d’une famille aristocratique, c’est le descendant d’une famille de planteurs de canne à sucre, de coton et de café, les Trevelyan…
« Je suis allée à la recherche de mon passé. Je suis tombé sur le site du centre des études de l’esclavage britannique mis en ligne en 2013, décrit le réalisateur. Quand j’ai compris que ma famille était impliquée dans l’esclavage, qu’elle avait des plantations avec 1 004 esclaves exactement, là mon cerveau a explosé. »
Il y a trois ans, John Dower s’est rendu sur l’île de Grenade, dans les Caraïbes, pour présenter des excuses officielles au nom de ses ancêtres. Aujourd’hui, il est venu spécialement de Bristol, en Angleterre, pour soutenir Pierre Guillon de Princé dans cette démarche historique. Une grande première en France.
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Des excuses publiques
Haut de 18 mètres, le 1ᵉʳ article de la Déclaration universelle des droits de l’Homme y est gravé sur son socle… C’est au pied de ce mât que Pierre Guillon de Princé, 86 ans et très ému, présente ses excuses solennelles au nom de ses ancêtres. « Pour moi, c’est un soulagement, en tant que descendant d’une famille d’armateurs négriers nantais, de pouvoir présenter mes excuses pour les actes de mes ancêtres, déclare-t-il. Ils armèrent six navires pratiquant la traite atlantique triangulaire entre Nantes et Saint-Domingue. Ce qui représente 18 départs de Nantes, ayant arraché 4 500 Africains de leurs terres… »
Avec leur association, La coque Nomade, ils ambitionnent d'ériger 72 autres mâts de la fraternité dans des villes héritières de cet écrasant passé. Trois bateaux pédagogiques sont par...
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La loi Taubira: La flamme de l’égalité, un concours pour transmettre l’histoire de l’esclavage [2/3]
5/6/2026
Il y a 25 ans, le 10 mai 2001, le Sénat votait à l'unanimité la loi qui faisait de la France le premier pays au monde à reconnaître la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanité. Un phénomène historique qui a duré quatre siècles et conduit à la déportation de millions de personnes d'Afrique vers le continent américain. Dans le deuxième volet de cette série consacrée à la mémoire de l’esclavage, nous nous intéressons à son enseignement. Depuis 25 ans, la loi Taubira rend obligatoire l’enseignement de l’esclavage dans les programmes scolaires. Cette promesse a-t-elle été tenue ? Reportage dans une école de la banlieue parisienne.
Pour aller plus loin: La flamme de l'égalité
Le troisième reportage de cette série sur les 25 ans de la loi Taubira nous emmènera à Nantes, ancien principal port négrier français, pour découvrir les initiatives mémorielles récentes qui y voient le jour.
À lire aussiVingt-cinq ans de la loi Taubira: «Quand le voile se lève: se découvrir un ancêtre esclavagiste» [1/3]
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25 ans de la loi Taubira: «Quand le voile se lève: se découvrir un ancêtre esclavagiste» [1/3]
5/5/2026
Il y a 25 ans, le 10 mai 2001, le Sénat votait à l'unanimité la loi qui faisait de la France le premier pays dans le monde à reconnaître la traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité. Un phénomène historique qui a duré quatre siècles et a conduit à la déportation de millions de personnes d'Afrique vers le continent américain. Un passé qui ressurgit parfois soudainement dans certaines familles, à l'occasion de recherches. Des contemporains se découvrent des ancêtres qui se sont enrichis pendant la traite négrière. Comment des descendants de familles esclavagistes ont-ils découvert le passé de leurs ancêtres ? Pourquoi ont-ils entrepris des démarches de réconciliation ?
Pour marquer cet anniversaire, nous vous proposons une série de trois reportages en collaboration avec le pôle Outre-Mer de France Télévisions. Tessa Grauman, de la rédaction d’Outre-mer la 1ère, signe le premier reportage de cette série.
Dans le deuxième volet, nous verrons avec Tessa Grauman si l'une des obligations de la loi Taubira, celle de transmettre l'histoire de l’esclavage et donc de changer les programmes scolaires, est une promesse tenue.
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«Les jeunes veulent être à 35 heures»: la difficile transmission des entreprises familiales
5/4/2026
Dans les dix prochaines années, 500 000 chefs d'entreprises vont partir à la retraite en France. Trois millions d'emplois sont donc en jeu si les sociétés ne trouvent pas de repreneurs. Le gouvernement souhaite en faire une « grande cause économique nationale ». Dès cette année, un « message de sensibilisation » sera envoyé à 25 000 dirigeants d'entreprise de plus de 55 ans. La plateforme qui met en relation les cédants et les repreneurs doit aussi être améliorée. Parmi les concernées par ce plan, il y a les petites entreprises familiales, qu'il est parfois compliqué de faire perdurer. Illustration avec cette société de plomberie du Val-d'Oise. Le reportage de Victor Delfouilloux.
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France: à Strasbourg, des étudiants étrangers menacés de désinscription pour frais impayés
5/3/2026
En France, l'université de Strasbourg pourrait radier une quarantaine d'étudiants étrangers inscrits en master. La raison : ils n'ont pas encore réglé les 4 000 euros de frais de scolarité exigés pour les étudiants extra-communautaires. Une mesure peu appliquée par les universités. Mais Strasbourg fait exception.
Mohammed* fait défiler sa boîte mail sur son téléphone portable. L'étudiant sénégalais retrouve le courriel qu'il cherchait, reçu le 16 mars. Il est signé de la présidente de l'université de Strasbourg. On y lit : « J'ai le regret de vous informer que j'ai demandé aux services administratifs compétents de procéder à l'annulation de votre inscription administrative en master 2 dans les prochains jours. »
L'étudiant est encore « abasourdi ». Il pourrait être radié d'ici la fin de l'année scolaire pour ne pas s'être acquitté des 3 941 euros exigés par son université pour sa deuxième année de master. Le jeune homme soupire et déplore un « manque d'information ». Il assure n'avoir jamais été mis au courant de l'application de tarifs différenciés au moment de s'inscrire dans cet établissement, en mai 2025 : « Si on m'avait informé, je ne me serais pas mis dans cette situation. » Une situation qu'il soupçonnait d'autant moins que les autres universités françaises où il a étudié – la Sorbonne et Paris-Nanterre – refusent d'appliquer ce principe.
Mohammed s'est rendu à l'évidence : il ne pourra pas régler la somme demandée. Sa situation est « fragile » et ses maigres ressources lui servent prioritairement à payer son loyer et ses courses du quotidien. Il a bien essayé de travailler, mais son emploi étudiant ne lui rapporte pas suffisamment. « Je me suis posé la question de contracter un prêt ou non, explique-t-il. Mais sur le papier et au vu de ma situation, je me suis dit qu'il y avait peu de chances que cela aboutisse. »
Malgré ce contexte, il doit tout de même passer les partiels de fin d'année, sans avoir la certitude d'être diplômé. « C'est une charge morale énorme et beaucoup d'angoisse. En fin de master 2, j'ai un mémoire à préparer, un stage à trouver. Or, là, je suis dans une incertitude totale, sans boussole ni indication », lâche-t-il.
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Aucun « harcèlement financier »
Depuis 2019, et la mise en place du plan « Bienvenue en France », toutes les universités françaises sont censées appliquer des droits de scolarité seize fois plus élevés pour les étudiants non-européens que pour les étudiants nationaux et européens. Soit 2 895 euros pour une année de licence (contre 178 euros pour tous les autres) et 3 941 euros pour une année de master (contre 254 euros). Les trois quarts des établissements n'ont pas suivi la consigne, qu'ils jugent antinomique avec les valeurs universitaires. L'université de Strasbourg est l'une des rares à appliquer à la lettre le plan « Bienvenue en France ».
Ce plan autorise toutefois les universités à exonérer partiellement jusqu'à 10% de leurs effectifs globaux. À Strasbourg, tous les étudiants extra-communautaires inscrits en licence bénéficient de cet abattement. Ainsi, les frais différenciés s'appliquent uniquement aux non-européens qui viennent spécialement pour un master. Cela représente 310 étudiants, d'après l'université.
Une quarantaine d'impayés sur 310 étudiants extra-communautaires concernés, pour une université qui en compte près de 10 000 : la situation est donc loin d'être catastrophique, selon l'établissement strasbourgeois, qui rappelle qu'une majorité d'étudiants non-européens demeurent exemptés de droits majorés. À l'inverse, la majorité de ceux concernés par ces frais sont en capacité de les payer. Frédérique Berrod, présidente de l'université de Strasbourg, rejette l'accusation de « harcèlement financier » lancée par ses détracteurs et assure que tous les étudiants « avaient connaissance de l'application de ces droits au moment de...
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Dans le Pas-de-Calais, ces mairies RN qui modifient les cérémonies du 1er-Mai
5/1/2026
En France, la traditionnelle fête des travailleurs du 1ᵉʳ-Mai a été modifiée dans plusieurs villes dirigées par le Rassemblement national (RN), le parti d’extrême droite. Il y a quelques jours, la mairie de Liévin, dans le bassin minier du Pas-de-Calais, a indiqué qu’elle ne recevrait pas les syndicats, qui avaient pourtant pour habitude de présenter les revendications des travailleurs à cette occasion. Dany Paiva, le jeune édile de 30 ans, les accuse d’avoir transformé le 1ᵉʳ-Mai en une cérémonie politique. Et il n’est pas le seul à attiser les tensions avec les partenaires sociaux locaux. Reportage dans cette terre ouvrière du Nord de la France.
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Des entreprises ouvrent leurs portes pour accueillir des personnes à la rue
4/29/2026
Alors que la trêve hivernale a été levée il y a quelques semaines en France, des personnes en situation de précarité risquent de gonfler les rangs des plus de 350 000 sans domicile fixe que compte le pays. Face au manque de solutions d'hébergement d'urgence, une association vient en aide à des personnes à la rue grâce à la solidarité des entreprises et de leurs salariés, les Bureaux du Cœur.
Mettre à l'abri une personne à la rue le temps qu'elle trouve un logement, voilà une démarche conforme à la philosophie du CJD, le Centre des jeunes dirigeants. Cette association regroupe 6 000 adhérents, des chefs d'entreprise engagés pour le progrès social, chez qui a germé l'idée de créer en 2020 les Bureaux du cœur, au sein du CJD d'abord. Ils ont ensuite créé l'Association des Bureaux du Cœur.
L'idée part d'un constat : une grande partie de l'année, les locaux des entreprises sont vides. Alors les Bureaux du Cœur mettent en contact des personnes en situation de précarité avec des entreprises adhérentes. Ces dernières les accueillent et les hébergent temporairement dans leurs locaux, le temps qu'elles trouvent un logement pérenne. Un accueil individuel d'urgence le soir et les week-ends, lorsque les bureaux sont inoccupés, ce qui change tout pour les bénéficiaires appelés les « invités ».
Et c'est donc tout naturellement que le CJD aménage dans ses locaux parisiens une pièce dédiée à l'accueil d'urgence des personnes à la rue. « J'avais préparé l'équipe, avec un travail avec l'association La Cloche, explique Christian Andréo, délégué général du CJD, pour permettre d'avoir un petit peu conscience de ce que vivaient les personnes à la rue. Et donc le fait de recevoir quelqu'un s'est imposé comme une évidence, avec un très bel accueil. Puis nous avons fait l'aménagement d'un espace dédié dans les locaux. »
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« Les Bureaux du Cœur, ça a changé ma vie »
Le premier invité, autrement dit la personne hébergée, est resté neuf mois. Le deuxième, lui, a passé un an avant d'obtenir un logement autonome à Paris. Il n'est donc pas là pour nous faire visiter son ancien espace de vie. Sur la porte, il est écrit : « Cet espace est privé. Merci de ne pas rentrer. Adama des Bureaux du Cœur loge dans cette chambre. Merci de respecter sa tranquillité. » Christian Andréo nous fait visiter : « Alors dans la pièce, on a le minimum pour être bien. Il y a un point d'eau autonome, il y a un canapé-lit, un petit bureau, un placard qui ferme, décrit le délégué général du CJD. Mais bien entendu, il a accès à la cuisine de l'équipe, à la douche qui est aussi à l'étage. »
Adama, un jeune travailleur de 20 ans, vient juste d'emménager dans son nouvel appartement. Ismaël, lui, est actuellement accueilli dans une autre entreprise parisienne. Ce qui a changé sa vie. « Avant, j'étais à la rue, c'était difficile. Les Bureaux du Cœur, ça a changé ma vie, confie-t-il. Parce qu'en fait, ce qu'ils ont fait, c'est de l'humanité. Ça me touche le cœur. Aujourd'hui, je me sens comme chez moi, je me trouve en sécurité, je suis bien accueilli dans les Bureaux du Cœur et l'entreprise. »
370 entreprises comme celle qui héberge ce Somalien de 25 ans ouvrent leurs portes les soirs et les week-ends à des personnes à la rue, qui leur sont adressées par les Bureaux du Cœur. Depuis sa création en 2020, l'association a hébergé près de 1 000 invités via son réseau d'entreprises solidaires.
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